Témoignages

L’association Agir avec les Bonnes Mères, Renaître après l’inceste, remercie l’ensemble des personnes qui nous ont confié leur témoignage.
Syndrome d’aliénation parentale
Mme K nous apporte son témoignage.
Amnésie traumatique et inceste
Caroline Montiel nous apporte son témoignage.
Témoignage à venir
Début du témoignage 1. À 3 ans, mon petit garçon m’a fait des révélations poussées et détaillées, avec ses petits mots, sur les sévices et violences sexuelles qu’il subissait chez son père.
J’ai alors porté plainte; il a eu une audition « mélanie » (un gag) et un examen avec une médecin légiste (où sa réponse à l’affirmative n’a pas été retenue). Dans un premier temps, on m’a crue et mon fils n’était pas seul quand il allait chez son père.
La partie adverse a demandé une expertise psychiatrique pour nous 3 et a proposé un certain expert. Alors que cette expertise ne dit quasiment rien sur le père, elle décrit le petit comme ayant des retards de langage et autres, et moi comme ayant le choix entre plusieurs troubles graves dont « un trouble schizothymique » et « une anosognosie ». En seulement 1 heure de temps, où il m’a bombardée de questions, l’expert a fait de moi un portrait au vitriol et sorti cette expertise extrêmement accablante de 19 pages, truffée de mensonges, de raccourcis et de déformations de mes propos. Au même moment, ma plainte était classée. C’est ainsi, qu’à 4 ans mon fils m’a été enlevé du fait du SAP (syndrome d’aliénation parentale), pour être placé chez son père.
J’ai rapidement fait une nouvelle expertise qui m’a décrite comme n’ayant aucun trouble psychiatrique. J’ai ainsi vu mes droits s’élargir progressivement et au bout de 2 ans mon fils a pu commencer à revenir en garde alternée à la maison.
Mon combat continue, je fais face à un immense déni (éducateur, école…), quant à mon fils, il a des symptômes qui s’apparentent à un syndrome de stress post traumatique.
Comment avoir les mots justes sur ce sujet quand je sais combien cela a été douloureux d’oser exprimer la vérité non pas de ce que je pourrais dire mais qu’une fois de plus, je ne sois pas entendue. Je crois que c’est pire que tout !
Toute ma vie a été conditionnée par ces mémoires du passé que je portais comme des fardeaux sans savoir véritablement ce qu’il s’était passé jusqu’à l’âge de 41 ans lors d’un retour de mémoires traumatiques où je me retrouve 3 semaines dans un service psychiatrique. Ma vie a basculé dans l’horreur de ces images qui tournaient en boucle, de ces peurs sourdes qui faisaient trembler mon corps en permanence sans arriver à pouvoir les contrôler. Les médecins depuis plus de 20 ans me posent invariablement la même question : “quels sont vos souvenirs d’enfance ?” : “Je n’en ai pas à part le décès de ma mère à la maison”.
Des crises de tétanie, des crises d’angoisse, des peurs en cascade, des maladies psychosomatiques, des phases de sommeil cathartique, de l’hypervigilance en permanence et bien d’autres symptômes depuis toujours sans en trouver la cause.
Après 5 burn out, des emplois et des relations amoureuses avec des souffrances sans fin, je m’engage à ne plus subir ma vie en 2019. Je ne savais pas comment je ferais. Je prends la décision de me former à l’hypnose et aux constellations familiales. Cela a été à la fois une période difficile et libératrice d’exprimer mes ressentis au sein d’un groupe, je n’avais pas l’habitude de me dévoiler.
J’ai vite pris conscience que j’étais au bon endroit pour trouver les réponses en moi. Ce travail à l’écoute de l’autre m’a permis de m’apaiser, de comprendre ce que je vivais. Je n’étais pas la seule à vivre ces scénarios malheureusement.
Cela m’a pris du temps pour déconstruire tous ces programmes inconscients, d’aller tester toutes ces peurs, d’avoir confiance en soi, de récupérer son identité, d’être à l’écoute de ses besoins, de faire confiance à ses ressources intérieures.
Comment pouvais-je me faire confiance alors que je n’avais pas été entendue enfant ?
Cela avait commencé à l’âge de 6 jusqu’à 7 ans jusqu’au décès du premier homme. Cela a recommencé à 9 ans puis à 12 ans après le décès de ma mère jusqu’à l’âge de 17 ans. L’emprise psychologique de mon parent a duré jusqu’à ces derniers jours où par le pacte du silence j’étais soumise, j’avais toujours peur de m’exprimer.
Depuis 2019, année de mon engagement à ne plus lâcher pour arriver à être en paix , je ne me bats pas contre ces hommes dont 2 sont morts depuis longtemps mais contre ce que je ressens en moi, cette lutte incessante entre la vie et la mort qui viendrait comme une libération que je n’ai jamais choisie. Je m’étais promis enfant que dès que je m’en sortirais, j’aiderais les autres enfants.
J’ai suivi de nombreuses thérapies, je suis partie dans tous les sens. Je voulais juste être en paix. Cet engagement que j’ai pris vis-à-vis de moi-même a changé le cours de ma vie. Pas après pas, j’ai écrit pour partager sur un blog mes émotions sans jamais parler de ce sujet… L’écriture m’a sauvée de mes démons intérieurs. J’ai osé par la suite exprimer ma vérité à travers 2 livres autobiographiques. J’ai voulu laisser une trace de ce cheminement intérieur pour tous ceux qui voudraient le parcourir aussi. En apprenant à me connaître, j’ai réussi à aller récupérer de nombreuses ressources, à faire émerger des talents insoupçonnés et surtout à laisser aller ma créativité et cette joie qui étaient en moi.
Aujourd’hui, je suis heureuse d’être qui je suis. Je suis enfin en paix.
Le 16/06/25, Caroline Montiel